mercredi 25 mars 2009

Myriam

On se connait depuis la sixième, dans un groupe de copine, et puis elle est partie faire ses études dans les chevaux, loin, en internat. Ce fut un coup dur pour beaucoup de ses amies, mais pas pour moi. On est restées amies, on ne s'est jamais quittées. On n'avait pas beaucoup de sous, alors on ne se voyait que deux fois par an, pourtant elle n'a jamais quitté mon cœur depuis toutes ces années.
Après l'internat, elle est partie en Normandie, finir ses études, et travailler ensuite. Et, il y a 4 ans environ, Myriam m'a annoncé qu'elle était enceinte. On s'était promis depuis longtemps que je serai la Marraine de son premier enfant, le voilà qui arrivait.
J'ai eu super peur, je dois l'admettre, je commençais ma dernière année d'étude, j'étais usée et bien jeune, mais je voulais faire de mon mieux, et elle a eu besoin de moi très vite !!! A 6 mois de grossesse, elle a dû rester allongée 24h/24, ce qui l'empéchait de finir les courses nécessaires à l'arrivée du bébé ! Mon premier travail de future Marraine fut donc de faire toutes les courses nécessaires pour ma pitchounette !!!
Je dois préciser une chose, je n'y connaissais absolument rien en bébé ! Heureusement, avec les connaissances de Myriam et mes jambes, on s'en est bien sorti. Je me souviendrai tout ma vie de cette soirée. J'avais passé l'après midi à parcourir les magasins afin de compléter la liste d'achat que m'avais donné Myriam, et pas moyen d'acheter quoi que ce soit, le budget était trop petit, et les prix bien trop chers ! Vers 19h00, j'abandonne, et je vais au supermarché du centre commercial afin de faire mes courses perso. Là, je vois qu'ils ont un rayon bébé, je jette un coup d'œil, juste histoire de voir, et là, oh surprise, il y a tout ce dont j'ai besoin, et à un super prix !!! Bien sur, je n'y connais rien, et j'appelle Myriam toutes les deux minutes : « Les biberons, en verre ou en plastique ? », « Combien tu veux de tétines ? », « Le lit est pas en bois, ça te déranges pas ? », une soirée mémorable, où elle m'a beaucoup appris (et où on a beaucoup rigolé !).
Petite anecdote, juste pour le plaisir, au bout de 8 mois, Myriam a recommencé à se lever, on s'attendait donc à ce que la petite naisse tout de suite, eh bien non ! Elle était désormais assez grosse pour rester dans le ventre de ma meilleure amie ! Un soir, j'ai reçu un texto de Myriam qui était rentrée chez elle depuis quelques semaines déjà « Il me gardent à l'hôpital ce soir, je fais un peu d'hypertension. ». Le lendemain je recevais un coup de fil, Léa était née, c'était le 2 septembre 2005. Ce jour là, un nouveau lien s'est créé entre nous, un lien unique et bien plus fort, comme si lorsqu'elle était née Léa nous avait rapproché encore par son biais. Je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite, je le sais maintenant, et je vis la même chose avec la mère de mon autre filleul. On ne se pose plus la question, est-ce qu'elle m'en veut, est ce qu'elle tiens à moi, on sait qu'on est là, qu'on ne s'oublie pas. Je prie souvent pour que ce lien dure toujours, car sans sa présence, même loin, je ne survis pas.

3 ans et demi et un milliard de photos plus tard, je fond encore et toujours quand Léa m'appelle Marraine en souriant. Si vous êtes gentils, je mettrai une photo, elle est magnifique.
Ces derniers temps, c'est différents entre Myriam et moi, parfois mieux, parfois plus dur, on se reconstruit une vie et c'est difficile, c'est normal.
De mon côté, j'ai dépassé pas mal de difficultés, et désormais je sais ce que je veux faire avec elle, on est redevenue amies, et pas seulement Maman et Marraine, et ça fait du bien. On refait ensemble des trucs de filles, se coiffer, aller visiter IKEA, ces moments me font un bien fou et me rappellent que la vie n'est pas si terrible que ça. C'est vrai que je n'ai pas beaucoup de sous et qu'elle n'en pas quasiment pas, c'est vrai qu'il y plein de trucs incertains et difficiles qui nous attendent, mais je suis persuadée que tant qu'on aura la possibilité de passer juste quelques heures ensemble à rire comme autrefois, c'est que finalement qu'on a gardé l'essentiel.
De son côté le plus dur, elle est en plein dedans. Et elle affronte ça, toute seule, sans jamais désespérer, sans jamais baisser les bras, sans jamais perdre ce brin de folie qui la caractérise tant. Elle a perdue une fois de plus pied, et malheureusement, cette épreuve elle doit l'affronter seule, sans moi. Mais je sais qu'elle s'en sortira, je le sens au plus profond de moi-même.
Oui, ce n'est pas tout rose. On est loin l'une de l'autre (250 km), et elle n'a ni internet, ni le téléphone fixe. Alors on ne se voit pas souvent et on ne peut pas toujours être là l'une pour l'autre. Mais elle reste dans ma tête et dans mon coeur, même quand on ne se voit pas souvent, et même lorsque nous ne sommes pas d'accord. Et je crois que c'est ainsi qu'on reconnaît de grandes amies.

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