samedi 25 avril 2009

La Danse

La danse a toujours été extrêmement importante pour moi. Je ne saurai dire, en fait, si je l'adore car je m'en sors bien, ou si je m'en sors bien parce que je l'adore. Toujours est il que j'adore danser, et que je pense danser assez bien.

De base la musique a toujours fait partie de ma vie. Très tôt j'ai chanté dans la chorale de l'église, puis dans celle du collège. J'adore sincèrement chanter, mais j'ai toujours peur qu'une fois que je ferme la bouche, les gens se retournent vers moi et me jettent des tomates !!! Pour la danse ce n'est pas pareil. Quand je danse j'assure, je me sens bien. C'est comme si tout d'un coup j'existais réellement et pleinement. Alors j'ai choisi, je chante lorsque je suis seule, chez moi, et je danse partout et dès que je le peux.

J'ai commencé la danse classique à l'âge de 7 ans. C'est chiant me direz vous ? Peut être, n'empêche que ça m'a donné d'excellentes bases, des bases de maintient, de temps, de mémoire. Ce n'était pas de la danse classique de haut niveau, et peut être que si ça en avait été mon avenir aurait été différent, bien que je doute que ma mère m'ait laissé choisir la danse comme métier. Passons, ce qui est fait est fait. Je me suis vite intégrée au groupe de danse, j'ai adoré l'ambiance, et cette façon de se dépenser tout en souplesse. Ce fut certainement un coup de foudre, je ne sais plus.

J'ai donc fait 4 ans de danse classique, puis 6 de modern jazz. C'était la danse qui était à la mode à l'époque. C'est pendant ces heures je pense que la danse s'est gravée à jamais au plus profond de moi-même. Je suis très perfectionniste, et la prof que j'ai eu les dernières années m'a permis de dépasser mes possibilités comme jamais. Je suis devenue celle que tout le monde suit, celle qui est devant et qui ne se trompe jamais, et surtout ça, celle qui danse bien.

L'avant-dernière année, on a dansé sur mambo n°5, de Lou Bega. J'étais déjà très fan de cette chanson, ce genre de rythme m'a toujours plu. On a répété, et bien sûr, j'étais devant en compagnie d'une autre ado. Le jour du gala, il s'est avéré qu'elle avait un voyage scolaire en Allemagne, elle n'a donc pas pu être présente. Or il y avait un moment dans la chorégraphie où nous faisions un truc à deux, où, du coup, je me retrouvais seule. Et là, la prof de danse a décidé que pendant que les autres feraient leur truc, moi je ferai une improvisation solo. Vous ne vous en rendez peut être pas compte de devant votre ordinateur, mais mais c'était une grande marque de confiance, une évolution de niveau !!! J'étais surexcitée et si fière de moi !!! Après de nombreuses répétitions, le grand soir est arrivé. Ce soir là, j'avais invité mon copain de l'époque, et il s'est avéré qu'il n'est jamais arrivé ou alors très tard, bien après mon passage sur scène. Donc je l'attendais, je l'attendais, et je stressais pour le spectacle, aussi, ce qui m'a mise, vous vous en doutez bien, dans d'excellentes disponibilités pour danser (c'est ironique).

Notre tour arrive, et là, un miracle s'est produit. Enfin, je ne saurai dire si c'est vraiment le mot que je devrais choisir. Les premières notes qui arrivent, la tension à son summum, et tout d'un coup, il ne me reste que mon sourire sur les lèvres et les pas dans ma tête. Mon tremblement a disparut, mes inquiétudes aussi, je danse. Je me souviens de cette impression de vie si intense, comme si je n'avais jamais existé autant dans ma vie. J'avais travaillé pour ça et ça payait, largement. Sans fausse modestie, j'ai été splendide. Je me souviens de collégiens qui me reconnaissaient dans les couloirs, des mois plus tard. Et surtout je me souviens de ma mère. Quand la chanson s'est terminée, elle et ma sœur sont entrées dans les coulisses. Quand j'y suis entrée à mon tour, elles pleuraient, toutes les deux, à chaudes larmes, pour moi. Je n'avais jamais vu pleurer ma mère à cette époque, ces larmes m'ont bien plus apporté que tous les applaudissements du monde auraient pu le faire. Après l'euphorie de la danse, je suis passée directement à l'émotion de l'amour mis à nu, de la fierté d'une mère surprise de voir ce que sa fille était capable de faire. Encore aujourd'hui, quand j'entends la chanson de Lou Bega passer à la radio, j'ai toujours une pensée pour ce soir qui m'a apporté tant d'émotions, si différentes. Il m'a ensuite été difficile de redescendre sur terre, après être montée si haut, et encore aujourd'hui, je rêve de revivre un instant semblable, et pour ça je travaille du mieux que je peux.

Après ça j'ai dû arrêter la danse quelques années, pour mes études entre autre, et c'est là que j'ai découvert un autre endroit où je pouvais danser tant que je le voulais : les boites de nuit. Quel endroit fabuleux !!!! J'avais testé quand j'étais plus jeune, j'avais déjà trouvé ça fun, mais là, danser toute la nuit sur des rythmes endiablés, ça m'a plu tout de suite, et à chaque fois, je me sens vivre intensément.

Il y a peu, j'ai repris la danse. Et, aussi bizarre que ça puisse paraître, j'ai choisi un cours de danse classique. Le retour a été très difficile, en 5 ans j'ai beaucoup perdu. Le premier gala a été un massacre, et pourtant je me suis réinscrite pour celui de cette année. Peut être suis je masochiste, ou alors juste que j'aime ça énormément, préparer un gala, s'imaginer y être pendant des mois, tout faire pour réussir ces quelques minutes d'une vie.

Mon but désormais, est d'arriver à un niveau assez haut pour passer l'examen de professeur de danse. Je veux enseigner la danse, la passion de la danse, je veux transmettre ça à plein d'ados, c'est quelque chose que j'ai vraiment envie de faire. Alors, ça prendra peut être du temps, mais je finirai par y arriver. Un jour, j'enseignerai la danse.

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