mardi 16 juin 2009

Les Bagues

J'aimerai aujourd'hui attirer votre attention sur une des nombreuses différences entre les hommes et les femmes, puisque, comme tout le monde le sait, nous venons de Venus, et eux de Mars.
Et je pense que dans ce cas, nos réactions face aux bagues, qui sont si radicalement différentes permettent d'appuyer sans conteste cette théorie.
Prenons le cas des hommes pour commencer, histoire de garder le meilleur pour la fin (ça commence bien, j'écris déjà des propos féministes !). Un homme aura rarement l'envie d'offrir une bague à une femme, et on comprend bien pourquoi. 9 fois sur 10 la femme deviendra rouge brique et acceptera ou non la demande en mariage qu'elle croira avoir été formulée par le cadeau. Quand on sait à quel point les hommes ont envie de s'engager ...
Une femme, quand à elle, attend une bague toute sa vie. Pourquoi ? Déjà, parce qu'à la base, une bague est un objet magnifique. Si peu qu'elle soit choisie avec délicatesse, elle remplira en plus les copines de jalousie, ce qui ne manque jamais de nous satisfaire, même la plus sainte d'entre nous. Et puis, souvent, contrairement aux hommes, nous avons plus envie de nous installer, de nous stabiliser. Alors pour nous une bague représente une promesse d'avenir, une avancée dans le couple. Sans vraiment le faire exprès, à la vision d'une bague (que ce soit en magasin, sur le doigt d'une copine, ou même dans un écrin offert par notre amoureux), notre petit coeur s'emballe, on s'envole loin, on se voit en robe de mariée dans une superbe église, enceinte avec plein de petits bouts de chous. On perd nos mots, on rougit, on est émue, ce qui doit faire bizarre à l'homme en face, surtout s'il a acheté une bague comme il aurait acheté un collier ! Eh oui, pour nous une bague représente le mariage, qu'on le veuille ou non.
Du coup c'est finalement de notre faute à nous les femmes, si on ne reçoit jamais de bague en cadeau. Parce que l'homme ne veut absolument pas précipiter les choses, et qu'il ne veut pas avoir à expliquer gauchement que non ce n'est pas une demande en mariage.

J'ai reçu une bague une fois, il y a longtemps. Je l'ai choisie moi-même, après une décision mûrement réfléchie, dans des conditions parfaites, dans une grande bijouterie de Paris. C'était la plus belle des bagues, tout le monde en était persuadé. Ce n'était pas n'importe quelle bague, c'était une bague de fiançaille. Elle était tout ce qu'une femme pouvait espérer, et je me suis bien sûre précipitée pour le dire à tout le monde. Résultat, 6 ans de perdus et une douleur ardente au niveau du ventre à chaque fois que mes yeux s'arrêtent sur une robe de mariée, une salle des fêtes ou le menu d'un traiteur. Que s'est il donc passé me demanderez vous ? Et je vous répondrai simplement, la bague n'est rien. La bague n'est qu'une vitrine, comme une image de soi que l'on veut transmettre mais qui n'est jamais qu'une image incomplète ou déformée de ce qu'on est. La bague que je portais à l'époque représentait l'image que je voulais qu'on voit de moi, car je pensais que c'était ça l'important. Je me suis oubliée pour correspondre à cette bague, sans me rendre compte que ça aurait dû être le contraire.

J'ai reçu une autre bague dernièrement. Pas de mariage en vue, pas de fiançaille, je ne l'ai pas non plus choisie. Je ne saurai pas dire si c'est la plus belle des bagues, car je sais que je ne peux avoir aucune objectivité là dessus, je la trouve splendide. J'en ai parlé à mon entourage proche bien entendu, je reste une femme, mais ça n'a rien de comparable à ce que je fis autrefois. La dernière fois j'avais proposé l'achat de la bague, insisté pour nos fiançailles, cette fois je ne m'y attendais même pas. Quand je regarde cette bague, je le vois lui, accroché autours de mon doigt, secrètement toujours présent au coeur de ma main. Je regarde la pierre et j'ai l'impression de voir ses yeux quand il me sourit. J'ai su de quelle pierre il s'agissait, mais je ne l'ai pas assez dit aux autres pour m'en souvenir. Non pas que je ne suis pas fière, mais juste parce que je la garde pour moi, comme une chose bien trop fragile et précieuse pour être exposée au grand jour ou au regard des autres.
Et finalement c'est ainsi que je vois mon amour désormais, la bague que j'ai sur mon doigt est discrète et splendide à la fois, elle correspond à ce que je suis désormais, et pas le contraire.
Voilà, la boucle est bouclée.

lundi 15 juin 2009

Je l'ai fait

Ca faisait un moment que ça traînait dans ma tête, je ne saurai dire combien de temps en fait, mais le fait est là, j'y pensais depuis un moment. Bien sûr la décision était difficile à prendre, et le risque était finalement assez important, enfin, suffisamment pour que j'y réfléchisse à deux fois avant de me lancer. C'est parti sur un coup de tête, et je pense aujourd'hui que c'est une bonne chose car jamais je n'aurai pris une telle décision si j'y avais réfléchit un peu avant !
C'était avant hier, mais ça me semble déjà comme un lointain souvenir, quelque chose que j'aurai fait presque dans une autre vie. Je ne revis d'ailleurs pas ce moment, j'ai quasiment immédiatement oublié tous les sentiments qui m'ont alors assaillis. Je ne retiens finalement que l'acte en lui même, le dépassement de soi, et bien sûr le plus important, ce pourquoi je l'ai fait, le partage.
Quand je vois autours de moi des frères et des sœurs adultes, j'ai souvent très peur. Une partie se détestent, d'autres ne se côtoient plus, et sont contents ainsi, dans le meilleur des cas ils se supportent de temps en temps. Pourtant ce que je vis aujourd'hui avec ma sœur est bien au dessus de tout ça. C'est une amitié et un respect sincère et passionné. Alors je ne veux jamais finir par ne lui parler qu'une fois par an. Je ne veux pas, ne plus la connaitre, ni ne plus la comprendre. Je veux continuer à faire partie de sa vie, et qu'elle continue à faire partie de la mienne.
Elle a fait de gros efforts pour ça. Elle vient très régulièrement chez moi, elle rentre dans mon monde, accepte mes règles pour passer du temps avec moi. De mon côté je n'avais encore rien fait. Je ne pouvais laisser ça comme ça.
J'ai décidé de chanter avec elle. La musique fait partie de sa vie, elle est inscrite au plus profond d'elle même, alors que pouvait'on partager d'autre ? Je voulais à mon tour entrer dans son monde, suivre ses règles, rencontrer ses amis, ces gens avec qui elle partage tant de chose. Bien sûr ça a été difficile, chanter ne fait pas partie des choses que je sais faire, la gestion du trac n'est pas non plus une des premières qualités, mais finalement tout ça m'apparait aujourd'hui comme secondaire. J'ai passé du temps avec ma sœur dans sa chambre, à répéter, je l'ai suivie à son cours de musique, j'ai rencontré ses amis, son prof, et enfin je l'ai suivie sur scène. Le résultat est bien évidemment médiocre, mais je m'en moque. Car ce week-end de partage avec elle m'a enchantée, parce que chaque minute passée avec elle m'a montré à quel point elle était devenue une adulte merveilleuse. Et puis enfin, j'ai mis les pieds dans ce côté de sa personnalité dont elle ne parle jamais, cette possibilité qu'elle a de faire vibrer les gens, de faire fondre mon cœur. De cette décision je ne regrette rien, bien au contraire, et l'année prochaine, si elle n'a toujours pas peur de se ridiculiser je rechanterai avec elle. Car finalement j'ai découvert une autre facette de ma sœur, une facette que je ne soupsonnais pas, et que je veux découvrir pour partager encore plus avec elle.

A jamais.