lundi 18 janvier 2010

On se perd

C'est arrivé sans prévenir, sans se faire voir ça s'est insinué là, tout autour, et puis un jour j'ai ouvert les yeux, je me suis perdue.

Mais comment sait on qu'on s'est perdu, qui me dit que ce n'est pas celle que je suis maintenant que je suis vraiment ? Je ne sais pas. Peut être parce que le résultat ne me plait pas. Mais est on vraiment ce qu'on veut être. Suis je vraiment comme ça ?

J'étais un coeur. On part tous de notre enfance avec un bagage de sentiments et de réflexes, pour moi c'était l'amour. Je donnais à tous et tout le temps, sans compter. Je me faisais passer bien après tous les autres et je travaillais tant. Aujourd'hui je me sens si égoïste, ça m'est difficile parfois, j'ai l'impression que les gens que je croise se retournent alors sur moi et me montrent du doigt en disant "Pas bien !!!".

J'oublie d'appeler mon grand père, j'ai raréfié mes appels à ma maman, je ne suis là pour personne, je n'ai pas consolé une de mes vieilles amies depuis des lustres. Pourquoi ? Comment en suis je arrivée là ? Je ne sais pas trop.

J'ai beaucoup souffert, beaucoup donné, surement trop, et je me suis fatiguée. J'ai fait un choix d'égoïsme pur il y a un an et demi, et ça a été un moment exceptionnel que je me félicite d'avoir vécu. J'avais à cette époque déjà commencé à sortir des radars, je me suis donc ré-approché de mes amies avec passion, je les aime tant !

Aujourd'hui j'ai perdu l'envie. C'est une sorte de vengeance à la vie que je fais. La vie s'amuse à me faire souffrir, à ne pas me donner ce dont j'ai besoin, alors je ne la vis plus, point (ça lui apprendra). Bien sûr je ne fais pas l'autarcique, mais je ne sais pas appeler les gens quand je sens que je ne suis pas bien, et je ne suis plus jamais bien. Et les seuls moments de répits, où je respire enfin, j'aspire le plus d'air possible, afin de tenir longtemps, et donc je délaisse tout ce qui n'est pas cet air qui me manque tant dès qu'il disparait de nouveau.

J'ai fait tant subir à mes amies et à ma famille que je me demande parfois si ils ne vont pas finir par ne plus vouloir me parler. Lors de mes études, je n'étais là pour personne, ensuite, j'ai cessé tout socialité, et maintenant ça ? Sentent elles à quel point je souffre, et à quel point je voudrai qu'elles ne m'en veuillent pas ? Je l'espère.

Longtemps j'ai cru perdre pied. Aujourd'hui je relève enfin la tête, mais le désir, l'envie de vivre, elle, n'est pas revenue. Je ne fais plus qu'attendre, en essayant tant bien que mal de sauver les meubles et de perdre le moins de personnes possibles.

S'il vous plait, si c'est encore possible, pardonnez moi, je vous aime.

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